Dis-location d'espaces publics

Projet de recherche d’analyse urbaine

2015-2017

Londres- Paris

Les espaces publics de la ville sont souvent considérés comme les espaces extérieurs de nos espaces de vie intime répondant seulement à des usages fonctionnels. Ils devraient être avant tout des LIEUX DE VIE et de BIEN-ETRE où l’architecture n’est pas un objet esthétique ou une forme d’arrière-plan de notre quotidien. En effet elle participe activement à la condition de l’homme, elle est aussi cause de nos actions, de nos pensées et de nos émotions.
Les problématiques complexes sur « réinventer la ville » ou « réinventer l’habitat » lancées par les villes de France ont été récemment attribuées aux architectes et promoteurs qui en quelques mois doivent être capables de révolutionner nos manières de vivre. Ces projets ambitieux et nécessaires manquent cependant d’une phase intermédiaire d’analyse complexe des espaces publics à transformer.
L’objet de cette recherche n’est d’abord pas de réinventer la ville mais de la REGARDER, de la LIRE et de l’INTERROGER dans le but d’imaginer une multiplicité des formes d’usages non seulement fonctionnels mais « ELASTIQUES ». Une méthode d’analyse urbaine basée sur une expertise artistique décrite ci-dessous a été méticuleusement déterminée. Elle met en place des outils variés enrichissant toute vision architecturale et urbaine, entre utopie et réalité. 

L’ART, OUTILS D’ANALYSE URBAINE

OBJECTIFS

  

1. Proposer un PROCESSUS D’ANALYSE URBAINE basé sur l’exploration, la performance et l’installation artistique, comme phase transitoire au service de la définition d’usages pour la rénovation d’espaces publics. 
2.  Utiliser l’art en tant qu’OUTILS DE CONCEPTION, agent critique, tenseur et créateur de pôles et non comme une plus-value esthétique résultat d’un divertissement. Comment l’extraordinaire, le rêve, l’imagination, l’évasion peuvent-ils créer de l’ordinaire?
3.  Développer chez l’usager une ATTITUDE ludique et critique envers les espaces de notre quotidien et impulser les performances/installations artistiques comme outil de MEDIATION pour l’amélioration de nos espaces publics. Les EVENEMENTS ainsi crées dans la ville deviennent des points de fusion, expressions de liberté où l’on n’impose plus des formes d’habiter. 

1

DISLOCATION
DE L’ESPACE RÉEL/SOCIAL 
(in situ)

4

PERFORMANCES
INSTALLATIONS
(in situ)

2

DISLOCATION
DE L’ESPACE IDÉAL/MENTAL
(en atelier)

5

ANALYSE PSYCHOLOGIQUE DES PERFORMANCES
(in situ/en atelier)

3

DISJONCTION
DE L’ESPACE RÉEL ET IDÉAL
(en atelier)

6

DEFINITION DE FUTURS USAGES

 » Exister c’est (se) disloquer , l’existence est dislocation »

 Benoit Goetz

LA DISLOCATION COMME PROCESSUS

MÉTHODE

 

Le principe de dislocation est utilisé ici comme méthodologie d’analyse. Elle engage la dislocation du lieu (l’espace public à transformer) mais aussi notre vision architecturale et fonctionnelle. On confronte l’espace réel/social de la ville à l’espace idéal/mental pour en déduire les conditions des performances artistiques où l’usager viendra s’y confronter. L’analyse psychologique des performances vécues et partagées avec le public/usager devient  aussi un outil pour définir les futurs usages à proposer aux maitrises d’ouvrage publics ou privées. 
Ce processus d’analyse urbaine est né d’une recherche qui a déjà été appliquée sur une plateforme piétonne publique au coeur du quartier résidentiel iconique du Barbican Center à Londres. Certaines étapes sont présentées en exemple.
phase 1
Exemple PHASE 1
DISLOCATION DE L’ESPACE RÉEL/SOCIAL
°Littérature urbaine: Lecture de l’espace public à travers un personnage de fiction 
°Description de l’expérience multi-sensorielle de l’espace public
°Interaction entre le corps et l’espace
Exemple PHASE 2
DISLOCATION DE L’ESPACE IDÉAL/MENTAL
°Maquette et sculpture de l’espace public
°Dislocation littérale de la maquette

 » L’expérience de l’architecture se constitue dans l’interstice entre l’espace idéal (produit des processus mentaux) et l’espace réel (produit des pratiques sociales) »

 Bernard Tschumi

Exemple PHASE 3/4
DISJONCTION DE L’ESPACE RÉEL ET IDÉAL

 

Trois axes de réflexion rassemblant les CONDITIONS DE LA PERFORMANCE ont été isolés de la phase 2 et transposés à l’espace réel du Barbican:
Photo ci-dessus : la STRUCTURE de la plateforme est renversée, les bâtiments adjacents deviennent support de la plateforme par un réseau des fils suspendus
Vidéo et diagramme : la multiplicité de MOUVEMENTS ET RYTHMES est générée par la transcription de la maquette disloquée.
Photo ci-dessous : le rapport d’ ECHELLE entre l’homme et la plateforme piétonne est questionnée par l’insertion naive de morceaux de dalles.

Vidéo d’une performance issue de la transcription du diagramme ci-dessus dans l’espace réel du Barbican à Londres